Couverture :
Julia Verlanger. On y retrouve la même gouaille, le même style familier volontiers argotique, le même mâle désabusé aux commandes de l'histoire, le même humour noir grinçant. Cependant, pour son premier roman, Eric Holstein révèle aussi des qualités qui lui sont propres.

À l'heure où le vampire s'affirme plus que jamais à la mode, l'auteur parisien en propose une vision bien plus romantique, plus fantasmagorique que "fantasme d'adolescentes" (cf bit-lit). Aussi, ceux-ci ne se goinfrent pas de notre hémoglobine mais de nos souvenirs. Pour le reste, ils sont plus forts, toujours aussi immortels, moins ténébreux et ne se transforment pas en chauve-souris. 

Il s'agit aussi d'une déclaration d'amour pour Paname. Que l'on se le dise, Avec Petits Arrangements avec l'Eternité, Paris pourrait bien avoir trouvé son Neverwhere a lui : un roman fantastique - dans les deux acceptions du terme - qui pourrait (parfois) passer pour un guide touristique, pour une visite guidée où l'auteur nous prend par la main pour nous emmener dans ces petits coins à lui.

Toutefois, Petits Arrangements n'est pas sans imperfection. Certains pourront lui reprocher de vouloir parfois trop en faire : trop dans le cynisme, trop dans l'ironie, trop dans la démesure, trop dans l'argot facile, trop dans la réplique qui tue. À plusieurs reprises, Holstein n'arrive pas à réfréner ce "trop plein" et, de fait, certains passages importants perdent en force et en percussion. Par exemple, la fin - très jolie au demeurant - ne claque pas autant qu'elle le devrait.

7,5/10 Au final, Petits Arrangements avec l'Éternité est un premier roman tout à fait recommandable avec son ton populaire et sa vision originale du vampire. Éric Holstein s'annonce, quant à lui, comme un auteur à suivre. 

Simatural