Le Blog-Notes Critic

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Par ordre décroissant
J'ai tué Anémie Lothomb de Jean-Pierre Gattégno VS Daphné Disparue de José Carlos Somoza

Un duel sur un thème étrange, et pourtant très présent dans nos genres favoris : la façon d'écrire, avoir un auteur comme personnage... Dans un univers où tout est possible, comment s'en sortir ? Ce duel met donc dans l'arène deux approches récentes de cette question toujours particulière : et si je lisais un livre s'écrivant plutôt qu'un achevé ?

Combattants, à la pesée !

J'ai tué Anémie Lothomb :

Couverture :

 

Résumé :

Antoine Galoubet écrit depuis des années et parcours la France dans tous les sens pour défendre ses ouvrages qui ne se vendent jamais. Cynique et amer, il maudit les Houllebecbedequec, Cevy et Lothomb que l'on encense jusqu'à plus soif.
C'est alors qu'en quittant un salon pour s'attacher au successeur de « son chef d'oeuvre qu'est Une saison dans les ténèbres », il tombe sur le corps ans vie de la romancière qu'il hait autant qu'elle vend. Naît en lui un plan fou : voler le corps pour faire parler de son livre et, comme DeNiro dans King of Comedy, enfin devenir quelqu'un...

Daphné Disparue :
Couverture :

 

Résumé :

En se réveillant dans une chambre d'hôpital, Juan Cabo réalise qu'il n'a plus de mémoire, qu'il a oublié qu'il était un auteur tant de fois primé. Il part alors à la recherche de ces souvenirs, de cette nuit d'anniversaire où il a perdu son passé, et à courir après la dernière phrase qu'il a griffonnée : « Je suis tombé amoureux d'une femme inconnue ».
Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=30455

Messieurs, saluez-vous !

DING !

1) La plume de l'auteur :

J'ai tué Anémie Lothomb (AL) : Humour corrosif et critique acerbe du monde des Lettres, voilà comment on nous introduit ce livre. Difficile alors de dire si c'est alors volontaire, mais cet ouvrage compile les poncifs, les raccourcis faciles et les descriptions-énumérations digne de la collection Harlequin... Simple et sans saveur, ce roman n'a pas vraiment d'âme, ces phrases ne sont que simples faire valoir d'attaques méchantes, quoi que plus d'une fois justifiées, sur des auteurs contemporains. C'est cru et amer, certes, mais ça ne case pas des briques... Loin de là même, et pas un moment je fus dupe quant au prétendu « immense talent » d'écriture du narrateur. 0.5/2.5 Daphné Disparue (DD) : Loin d'en être à ses débuts, l'auteur est connu pour plusieurs ouvrages traduits en bien des langues, mais jamais primé. Je le comprends assez. Sans être le style le plu grandiose que je connaisse, je peux vous garantir que José Carlos Somoza sait vous prendre et vous perdre dans ses mots. Précise et mystérieuse, son écriture peut se faire fluide comme étrange, voir sinistre. A l'image d'une pièce musicale où chaque personnage à son thème, ce roman -pourtant à la première personne- joue des images et des ambiances, vous emporte avec brio dans des jeux de pistes et de rôles excellents. Riche et cultivée, cette plume frappe fort et avec une saveur toute particulière.
2/2.5

2)
Les personnages et leur monde :
AL : Sorte d'ouvrage minimaliste, fumisterie ou vrai huis-clôt, bien fort sera celui qui pourra en décider en une seconde. Centrée sur la figure de l'écrivain maudit, un peu convenu il faut l'avouer, cette histoire reste très ancrée dans des réalités littéraires, qu'elle critique avec fougue, quitte à enfoncer plus d'une porte ouverte. Mais le couple d'écrivains reste attachant, et les autres figures ont un goût de vaudeville. Ca pourrait marché, mais l'ambiance et les discours flanquent tout par terre. Dans des espaces jonglants entre ombres et lumières, dans une fuite de l'inconnu qui rappelle le Procès de Kafka, le lecteur ne retrouve jamais perdu. Au final, tout est trop évident, quoi que gardant un parfum et un discours assez amusant. 1/2.5
DD : Galerie farfelue de personnages ubuesques, partagée entre figures convenues mais si bien jouées, personnalités fortes et avatars surprenant, c'est un vrai cabaret des monstres littéraires. On se promène ainsi dans des couches de l'écriture très diverses, dans un monde où les Lettres règnent avec une classe plus grande encore que chez Jasper Fforde. A la fois impressionnants, attachants et terrifiants, les protagonistes et ceux qui leur donnent la réplique font de ce monde un véritable dédale de folie, un musée des malsains d'esprits. Brillant. 2.5/2.5

3) L'intrigue :
AL : Tension et étrange se font un ping-pong avec le lecteur, dans cette sorte d'anti-thriller. Si l'on se laisse convaincre par le narrateur, par son discours ou par sa folle aventure, il nous tient en haleine. Mais la mayonnaise ne prend pas à chaque fois. Les cliffhangers à répétition ont d'ailleurs tôt fait de faire s'essouffler le rythme des chapitres. Les évènements sont prévisibles, les mises en scènes ne tiennent pas la route. Tout est trop simple, tout et trop artificiel et peu convaincant. Au final, on soupire à bien des reprises dans cette suite de scènes invraisemblables, pour un final tellement simple... On se demande rapidement si ce n'est pas juste un contenu pour cracher discrètement sur des auteurs... 1/2.5
DD : Décousue, étrange, à la fois dure et énigmatique, l'intrigue de Daphné Disparue est complexe, ramifiée, torturée de l'intérieur. Tout est mensonges, mise en scène, pertes et découvertes ne se croisent pas, elles se percutent avec violence. Seulement, il faut un sacré courage pour arrivé à suivre l'embardée folle de cette histoire rocambolesque. Parce que rien n'est épargnée, que se soit la dureté des faits, la noirceur des enjeux et de âmes... Et pourtant, dans cette atmosphère soufrée, âpre, on e laisse trainer, jusqu'à la dernière page, ans jamais vouloir que cette danse effrayante ne s'arrete. 2/2.5

4) Le plaisir de lecture
AL : Du plaisir que l'on peut prendre au début de ce sujet attaqué de pleine face, limite en battant des bras, on e lasse vite. Et pourtant, on a singé pour en manger à toutes les sauces. Pas vraiment un thriller, pas vraiment un discours, il n'y a pas vraiment autre chose que du vent dans cette histoire. Anémie Lothomb est une fable grotesque et poussive cachant un exutoire à peine voilée. Nous ne sommes pas transportés, nous sommes pris à témoin des mésaventures niaises d'une victime du système. Trop bon, trop con; on essaie de s'attacher. Mais non, il n'en rate pas une. Carrément gonflant. 0.5/2.5
DD : Malaise. Voilà la sensation que laisse cet ouvrage. J'ai mis un temps réellement long pour savoir ce que j'en pensais réellement, et ai encore des doutes sur ce que j'ai lu, sur ce que j'en ai pensé et ressenti. Seulement voilà, la vague était intense, brulante, je n'ai pu décrocher de ce livre un seul instant sans qu'il ne me hante. Pour avoir lu Les Métaphores d'Ovide, à qui cet ouvrage fait nombre de références, j'ai trouvé dans ce monde une profondeur abyssale et n'en suit pas revenu tout à fait le même. Perdu, peut être. Métamorphosé, sans doute... 2.5/2.5

Conclusion :
J'ai tué Anémie Lothomb : 3/10 : Derrière cette couverture "tape à l'oeil", seule véritable réussite du livre, ne semble se cacher qu'un pamphlet contre les auteurs qui marchent. Certes, plus d'un est une tache. Mais de là à nous le rabattre, en nous servant une histoire avec autant de saveur qu'une choucroute en boite, non merci. Peut être faut-il le prendre sur le ton de l'absurde, mais je déteste ce genre... Si on me dit que là est mon erreur, je répondrais tout de même que l'excuse est bien aisée. < Pour moi, ce livre est juste racoleur, gratuitement méchant et simplement mauvais.
Daphné Disparue : 9/10 : Avec le recul, après avoir mis le temps de m'en remettre, cet ouvrage est une petit bijou. Cruel, sec et peu accessible, Daphné Disparue est d'une étrange beauté, d'une douce folie, une lugubre réussite. Beau, fort et intense, ce roman est un moment à part que je vous conseille sincèrement de laisser se poser sur votre pile de lecture !

VAINQUEUR PAR K.O. !

Aneria
Posté dans Duel par Aneria

Les sujets des deux livre n'ont à priori rien à voir mais ils seraient intéressants de comparer ces deux livres qui ont plus de points communs qu'ont pourraient ne le penser de prime abord. En effet, ces deux livres, en plus d'être des best-sellers, ont une réputation pour le moins sulfureuse! L'un aborde l'hypothétique descendance de Jésus tandis que l'autre se base sur une victoire de l'Allemage en 45!
Je tenterais ici de montrer a quel point l'un est pourtant bien meilleur que l'autre malgré leur parcourt semblable.


* Participant n°1 : Da Vinci Code

Couverture :

 

Résumé :

Un éminent spécialiste de symbologie de Harvard est convoqué au Louvre pour examiner une série de pictogrammes en rapport avec l'œuvre de Vinci. En déchiffrant le code, il met au jour l'un des plus grands mystères de notre temps... et devient un homme traqué.

Informations complémentaires :
- le livre : http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=14524
- Il existe une adaptation en film. Faute de l'avoir vu, je ne peux pas en parler. N'hésitez pas à laisser des commentaires à son sujet.

 

* Participant n°2 : Fatherland

Couverture :



Résumé :

Berlin, 1964. La paix nazie règne sur l’Europe et le président Kennedy s’apprête à conclure une alliance avec le Reich. À quelques jours de l’anniversaire du Führer, l’inspecteur de la Kriminalpolizei Xavier March reçoit l’ordre d’assister au repêchage d’un corps dans la Havel. Quoi de plus ordinaire et routinier ? Mais le macchabée, un certain Josef Bühler, est un parangon de la respectabilité national-socialiste et le dossier est classé sécurité par la Gestapo. Les secrets qui pourraient remonter à la surface menaceraientils le processus de détente entre les États-Unis et le Reich? March décide de braver les interdits et de mener son enquête. Best-seller international, ce roman insolite et excellemment documenté est à cheval entre le récit uchronique et l’intrigue policière. Sa démonstration, passionnante et redoutablement efficace, n’a pas manqué de susciter de nombreuses polémiques.
Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=5238

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Que le combat commence...

1) La plume de l'auteur

Da Vinci Code (DVC): Très facile à lire! L'écriture se veut efficace avant tout et de ce point de vue, c'est indéniablement une réussite tant le lecteur est très rapidement happé par une écriture nerveuse digne des cadors du genre! Dan Brown n'est pas un styliste et n'a jamais prétendu écrire bien! Ben, en fait, tant mieux pour lui car c'est le grand point faible du livre: lourdeurs des phrases, répétition de certaines structures grammaticales,.... DVC est le genre de livre qu'on lit à la plage, ou dans le train, le genre de livre qu'on ne lit qu'une fois! Il ne pourrait supporter une relecture de toute façon. 0.5/2.5
Fatherland (F): Pour un premier roman, Harris frappe fort. Contrairement, à son homologue, Harris écrit bien. L'auteur ne s'embarque pas dans des phrases à rallonge ou dans la multiplication des procédés stylistique il est vrai mais ce qu'il fait, il le fait bien. Les phrases courtes et dures sont à l'image même de l'empire allemand présenté par l'auteur. Une réussite! 1.5/2.5

2) Les persos et les décors
DVC : Ce livre a été écrit pour être un best-seller et être facilement adapté en film! L'auteur ne s'attarde pas sur les personnages mais en mais suffisament pour les rendre attachants ou au contraire antipathiques au lecteur! Le livre nous emmène dans des lieux connus (Le Louvre) ou à la campagne. La variété des décors et les persos haut-en-couleurs, tous deux stéréotypés, participent au plaisir de lecture du lecteur qui ne veut pas se prendre la tête et laisse place à l'intrigue! Pour ceux pour qui cela importe un tant soit peu, ce livre est d'une banalité affligeante... 1/2.5
F: On s'identifie rapidement à l'inspecteur March dont l'auteur raconte ses déboirs familiaux et sentimentaux! On pourra reprocher à l'auteur de être largement inspiré des grands héros de roman noirs (Chandler, Connelly,...) mais il n'en reste pas moins que le héros est excellent! Les seconds rôles sont moins conventionnels mais restent très peu développés! Je ne sais pas le temps que l'auteur a passé à imaginer le paysage allemand si l'Allemagne avait gagné la guerre mais c'est terrifiant de réalisme! Faut le lire pour le croire... 2/2.5

3) L'intrigue
DVC : Gros point fort du livre! Une véritable quête du Graal où se succède décryptage d'indices laissés là il y a bien longtemps! Le lecteur se prends rapidement au jeu de cette chasse au trésor! Les discussions lors des découvertes d'indices permettent au lecteur de comprendre quelques points de la tradition ésotérique (et de ce fait se sentir intelligent diront les mauvaies langues). Cet aspect pédagogique est évidemment à ne pas prendre au pied de la lettre! Belle intrigue donc et qui renfoce d'autant la déception ressenti à la fin parce que l'auteur pouvait nous pondre beaucoup beaucoup mieux! Par contre, point vraiment agaçant: un américain fraîchement débarqué capable de déchiffrer des symboles que les européens étaient trop cons pour comprendre alors qu'ils l'avaient sous les yeux depuis pas mal de siècles...1.5/2.5
F: Passionnant de bout en bout; voilà ce qu'il ressort! Alors que l'auteur aurait pû se contenter d'une "simple" uchronie, l'aspect thriller n'en est pas négigé pour autant loin de là! C'est avec un grand plaisir que l'on suit les pas de l'inspecteur March et que l'on tremble pour lui dans cet état où la liberté d'action est égale la tolérance d'Hitler! L'enquête aboutit là où elle doit aboutir! Pas une page de trop! Magnifique! 2.5/2.5

4) Le plaisir de lecture
DVC : Ne faisons pas les mauvaises langues, c'est un vrai plaisir de lire ce roman très bien construit! Ce roman se dévore et perd beaucoup de son charme, je pense, à être lu par petits bouts! Mais, je le répète, la fin est nulle mais nulle! Oui je suis un lecteur contrarié! 1.5/2.5
F: Rien à redire! Ce livre est une claque magistrale, de celle qui marque un genre sinon la littérature! Ce livre mérite que vous lui jetiez plus qu'un coup d'oeil car rarement thriller n'aura été si brillament écrit! 2.5/2.5

Conclusion
DVC : 4.5/10 : Si le livre ne méritait pas tout le tapage médiatique fait autour, il mérite d'être lu. On se prends rapidement au jeu si l'on n'y regarde pas de trop près.
F : 8.5/10 : Ce thriller historique mâtiné de SF est un excellent roman. Lisez-le, vous ne le regretterez pas!

Simatural

Posté dans Duel par Simatural

Duel !

27/01/2008 01:00

Duel est une nouvelle catégorie ! La dernière, je pense, en ce qui concerne les chroniques de livres.
Entre les chroniques vidéos, les chroniques écrites, les immanquables , les speed Critics et la catégorie duel donc, je pense qu'on aura fait le tour des différentes manières en matière de chroniquer des bouquins.

Duel oppose deux livres semblables de manière constructive et ceci en quatres points :
- La plume de l'auteur
- Les persos et le décor
- L'intrigue
- Le plaisir de lecture.

Première manche demain !


Simatural
Posté dans Duel par Librairie CRITIC

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