Couverture : 
Résumé :
Billie Bird est une adolescente pétillante et une collégienne sans problème.Billie Bird a quinze ans, un petit frère, Séraphin et un grand-père un peu toqué.Billie Bird conduit un combi Volkswagen baptisé Vagabonde.Billie Bird a des ennuis. Son père est séquestré par un certain Kolpakiqui réclame des têtes du zodiaque chinois en échange de sa libération.Ça tombe bien, Billie Bird est une voleuse. Et l’une des meilleures !Un thriller délicieusement amoral où l’héroïne, une adolescente voleuse de génie, vous séduira dès la première scène !
Mon avis :
Qu’il est bon de retrouver Hervé Jubert ! – vous savez l’auteur, entre autres, de la fameuse Quadrille des assassins chez Albin Michel Wiz ! Cette fois-ci, dans ce nouveau roman – le premier tome d’une trilogie – Jubert passe au thriller, dans la nouvelle collection jeunesse dédiée, chez Rageot, dirigée par Guillaume Lebeau.
Paris, de nos jours, une jeune fille de quinze ans, Billie, et son petit frère – Séraphin – attendent leur père, dans leur appartement, alors qu’ils doivent partir en vacances en Grèce. Petit problème, Le père en question – un roi de la cambriole – ne revient pas et laisse ses deux enfants dans l’angoisse. Que s’est-il passé ? Le père, qui travaillait sur un (dernier?) gros contrat, ne donne plus signe de vie. Du coup, Billie, petite tornade ambulante pleine de gouaille et de courage, prend les choses en mains, et décide d’aller voir Maxence, un brocanteur ami de la famille, lequel, alarmé, lui remet un carnet que son père lui a laissé « en cas d’urgence ». Très vite, on se rend compte que le cambrioleur était, pour le compte d’un mystérieux commanditaire, sur la piste de têtes en bronze chinoises, représentant des animaux du zodiaque, et provenant toutes de la fontaine du célèbre Palais d’été, détruit au XIXème siècle. Les têtes de bronze, qui valent une fortune, avaient alors disparues.
Dans le carnet laissé par son père, Billie découvre comment accéder à un site web illégal, où elle rentrera en contact avec un certain « Dracula », qui semble être le commanditaire, auquel elle annonce qu’elle va se mettre en quête des trois têtes que son père n’a pas pu lui remettre ; en échange de quoi… elle espère retrouver son père. Vivant. Comme elle a toujours voulu suivre les traces de son père – sorte d’Arsène Lupin qui ne vole qu’aux méchants – voler ne la dérange pas !
Commence alors un véritable road movie dont le cadre central est une fourgonnette Volkswagen, surnommée Vagabonde, qui va promener nos amis un peu partout en France – et même en Angleterre pour une mémorable vente aux enchères chez Christie’s (vous pouvez chercher, elle a effectivement eu lieue en 2009 – mais pas dans les mêmes rocambolesques conditions évidemment !).
Entretemps, nous aurons fait la connaissance de personnages tous plus attachants et excentriques les uns que les autres. Qu’il s’agisse de Maxence, le brocanteur à la main de fer, parrain de Billi, du grand-père complètement fol-dingo surnommé Le Capitaine, ou du troublant étudiant, Octave, les alliés et compagnons de route sont de taille a relever le défi que s’est imposé Billie. Octave, d’ailleurs, plus qu’un compagnon de route, ce jeune homme d’une vingtaine d’années, saura au fil des pages devenir un ami cher, surtout quand il va falloir à Billie s’attaquer aux méchants, ou aux fantasques possesseurs d’une tête. Dans le genre, Jubert sait nous surprendre et nous faire rire (un des points fort de ce livre), l’humour y est omniprésent : par la voix de Billie (elle dit « je ») et la galerie de personnages dont elle brosse un portrait au vitriol, bien sûr, mais aussi par les mises en situation ; ainsi chaque vol de tête de bronze donne lieu à une mise en situation parfois drôle (Brélancourt et l’hilarant et surréaliste passage sur le thème du Petit Prince, sans doute pas très crédible, mais on rigole tellement qu’on s’en fiche), Gourko le mafioso milliardaire russe (sans doute, tout de même, le passage le moins réussi du roman) et enfin la vente aux enchères chez Christie’s, clou du spectacle d’un roman qui ne cesse de nous épater au fil des pages, tant la faconde de Billie, tant les lubies de Séraphin et l’amitié a priori indéfectible d’Octave, nous emportent dans ce torrent d’aventures où le sens de la narration de Jubert fait mouche à chaque page. Le parti pris de la première personne et du présent, au vu du personnage qu’est Billie, s’imposait, même si Jubert – en bon équilibriste – joue parfois avec les points de vue (toujours avec le "je" de narration) pour donner la parole à Sépraphin et Octave ; bien que la technique soit dangereuse (on peut très vite rendre le récit bancal) et puisse paraître artificielle, le métier de Jubert la rend pétulante et délicieusement jouissive. Qui plus est, c’est tout un art mine de rien, on apprend plein de choses sur l’histoire de l’art (chinoise en particulier), certains passages très bien fichus étant également un prétexte pour, parfois visiter un musée, parfois une grande bibliothèque.
Tout en ne quittant jamais le rythme dynamique, ce sentiment d’urgence, qu’impose tout bon thriller. Quant à la fin du roman, vous pensez bien qu’elle laisse de nombreuses lignes de scénario inachevées (il s’agit d’une trilogie). Alors, que dire de plus ? Juin, mois de sortie du deuxième opus, paraît si loin ! Arrive, vite !
8,5/10 Bref, on ne s’y trompe pas : Rageot publie ici un roman de cambriole jubilatoire – pas sans invraisemblances mais on s’en fiche : pourquoi lire un roman d’aventures s’il ne nous met pas face à des situations un poil invraisemblables ? Rêvons que diable ! – doublé d’un road movie toujours palpitant et drôle. Offrez ce premier tome de Vagabonde à vos ados en manque d’aventures (les adultes le liront en cachette), c’est la bonne pioche thriller du moment, aucun doute là-dessus.
Chester Strike
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