Le Blog-Notes Critic

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Par ordre décroissant

Couverture :

Résumé :
Condor, c’est l’histoire d’une enquête menée à tombeau ouvert dans les vastes étendues chiliennes. Une investigation qui commence dans les bas-fonds de Santiago submergés par la pauvreté et la drogue pour s’achever dans le désert minéral de l’Atacama, avec comme arrière-plan l’exploitation illégale de sites protégés…
Condor, c’est une plongée dans l’histoire du Chili. De la dictature répressive des années 1970 au retour d’une démocratie plombée par l’héritage politique et économique de Pinochet. Les démons chiliens ne semblent pas près de quitter la scène…
Condor, c’est surtout une histoire d’amour entre Gabriela, jeune vidéaste mapuche habitée par la mystique de son peuple, et Esteban, avocat spécialisé dans les causes perdues, qui porte comme une croix d’être le fils d’une grande famille à la fortune controversée…


Notre avis :
Caryl Férey le sait : le monde ne tourne pas rond. Il marche sur la tête, même.
Caryl Férey est un écrivain en colère et cette colère, il l’entretient par des voyages. Il se noie littéralement dans la culture d’un pays, dans son histoire, ses paysages, ses gens. Pour grappiller des instants, capter des bruits, des détails, des odeurs qu’il injecte par la suite autour d’une intrigue policière riche en rebondissements. La recette est parfaitement huilée. Le style plus affûté que jamais.

Après la Nouvelle-Zélande (Haka et Utu), l’Afrique du Sud (Zulu) et l’Argentine (Mapuche), l’auteur s’attaque cette fois au Chili, depuis les ruelles polluées de Santiago jusqu’aux plaines désertiques de l’Atacama, véritable décor de western. Marqué par les années de dictature de Pinochet, le pays ploie également sous l’ultralibéralisme de l’ogre américain qui a gangréné toutes les branches – politiciens, administration, riches fortunes, etc. – d’une démocratie qui tarde à éclore. Parce que certaines pages de l’Histoire ne se tournent jamais vraiment. Parce ce que certains veulent toujours une plus grosse part de gâteau.

Dans Condor, on suit Gabriela, une jeune femme du monde qui filme tout ce qu’elle peut à l’aide de son troisième œil – une Gopro – dans l’espoir d’en tirer un reportage ; Esteban, rejeton d’une riche famille qui rejette son héritage en bloc et tente d’exorciser ses démons par l’écriture ; ou encore Stefano, ancien gauchiste proche d'Allende, forcé de trahir son pays puis de le quitter. Une galerie de personnages authentiques, vrais, souvent marqués par la vie, victimes et bourreaux, qui vous poursuivent une fois tournée la dernière page de ce roman noir aux allures de western.

Plus encore que dans Mapuche, les intrigue amoureuse et policière s’entremêlent si intimement qu’il devient parfois difficile de les distinguer. Mais, au-delà de l’enquête de Gabriela et Esteban, l’auteur français nous raconte l’histoire contemporaine du Chili, théâtre de nombreuses tragédies. Parmi elles, l’opération Condor, une campagne de répression et d'assassinats menée conjointement par les régimes sud-américains et les États-Unis contre les mouvements révolutionnaires au milieu des années 1970.


9/10 Dans la tendance actuelle qui pousse les auteurs français à expatrier leur intrigue policière à l’étranger, Caryl Férey – nous dit la quatrième de couverture – « s’est imposé comme le maître du thriller des grands espaces et de l’ailleurs ». Après la lecture de Condor, on ne peut s’empêcher de penser que Caryl Férey est aujourd’hui le meilleur auteur français de thriller – un point c’est tout !

Posté dans Critiques Policier par Librairie Critic

Couverture :

Résumé :

Depuis la mort suspecte de Tug, son beau-père policier, Samuel peine à contenir les voix mystérieuses qui le harcèlent. Darius, son nouvel ami, souffre du même mal. Tous deux comprennent bientôt qu?ils disposent de pouvoirs complémentaires. À travers eux, des fantômes s?incarnent et réclament justice... 
Un thriller fantastique qui revisite de manière très contemporaine la figure du fantôme.

Mon Avis :

« Les jeunes ne lisent pas ».
Les jeunes n’ont jamais eu entre les mains Hantés d’Anne Fakhouri.
Parce s’ils l’avaient eu, ils auraient lâché leur console et vous auraient foutu la paix pendant quelques heures.

Hantés vous plonge dans le quotidien de deux adolescents capables de communiquer avec les morts. Le premier – Samuel –, les entend, l’autre – Darius –, les voit. Et ensemble, ils se plongent dans la panade, dans une enquête qui les verra dissiper les mensonges autour de la mort suspecte du beau-père de Samuel.

Tout le monde a déjà fait l’expérience de ce que les Anglo-saxons appellent un page turner : un roman qui vous attrape dès les premières pages pour ne vous relâcher qu’à la dernière. Celui qui vous donne des cernes le lendemain ou vous fait rater votre arrêt de métro. Et bien, Anne Fakhouri a repris la recette et l’a appliqué à la littérature jeunesse. Oh, elle n’est pas la première – qui a dit Cherub ? –, mais rarement le résultat n’aura été aussi convaincant, prenant et intelligent. Car entre une scène d’action et une révélation, l’auteur glisse quelques réflexions sur la société actuelle et ses misères, sans jamais faire la morale ou ennuyer son lectorat.

8/10 Le thriller jeunesse qui fera lâcher leur manette à vos ados ! On prend les paris… Avant de leur confier ce thriller fantastique, vérifiez quand même qu’ils ont terminé tous leurs devoirs. Un roman palpitant.

Simatural

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Posté dans Critiques Policier par Simatural

Couverture :

Résumé :
Dès les premières lignes, Donald Ray Pollock nous entraîne dans une odyssée inoubliable, dont on ne sort pas indemne.

De l'Ohio à la Virginie Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s'entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l'enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d'horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s'il ne doit rien épargner à son fils Arvin. Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu'il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.
Toute d'ombre et de lumière, la prose somptueuse de Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages à la fois terrifiants et malgré tout attachants. Le diable tout le temps n'est pas sans rappeler l'univers d'écrivains tels que Flannery O'Connor, Jim Thompson ou Cormac Mc Carthy.

Mon avis :
C’est mal de donner le résultat dès le début mais je vais le faire quand même : Le Diable, Tout Le Temps est un bouquin immense, une de mes meilleures lectures de ces 4 ou 5 dernières années et Donald Ray Pollock va se hisser au firmament des auteurs américains, tous styles confondus. Voilà, c’est dit.

Le Diable, Tout Le Temps nous entraîne dans le sillage d’une dizaine de personnages dont les vies sont liées, qu’ils en soient conscients ou non, et qui gravitent autour de la bourgade de Meade, Ohio, entre la fin de la Guerre du Pacifique et le milieu des années 60.

Willard Russel, persuadé qu’en inondant de sang un autel forestier et en forçant son fils Arvin à prier toute la journée les genoux dans la boue et le froid, le Seigneur sauvera sa femme du cancer. Theodore et Roy, les prédicateurs errants, amoraux, handicapés autant mentaux, physiques que sociaux, détruisent les vies sans même s’en rendre compte. Sandy et Carl, tueurs d’auto-stoppeurs, photographes du morbide, avancent dans une fuite en avant toujours plus destructrice. Et il y a encore Bodeker, le sheriff corrompu jusqu’à l’os, Teagardin, le pseudo pasteur amateur de jeunes filles.

Voilà pour les principaux personnages que vous allez croiser dans ce roman. Chaque vie est odieuse, rongée, noire, perdue d’avance. Asociaux, meurtriers, violeurs, psychopathes, fous de Dieu, malades autant de corps que d’esprit. Et des victimes, beaucoup de victimes, pas forcément plus reluisantes que leurs bourreaux.

Les premiers chapitres vous donnent l’impression de patauger dans une marre de boue mêlée de sang comme Arvin, de charrier une poisse pestilentielle chargée de fluides corporels.

Les suivants vous laissent un goût de cendre dans la bouche. L’alcool, frelaté, est partout. Le sexe est poisseux, merdeux, tarifé, forcé. La religion, véritable chape de plomb, est omniprésente, celle du morbide, de la contrition, de la souffrance, de la soumission.

De la lumière, jamais. Le Diable, tout le temps.

Le Middle West des années 50-60, tel que décrit par Pollock est un quart-monde effrayant, miséreux, où la moindre lueur de vertu est impitoyablement brisée. Donald Ray Pollock écrit sans fioritures ni grandiloquence. Chaque mot est juste, précis et acéré. Chaque personnage a son histoire, touchante ou grotesque mais sentant le vrai, l’authenticité, le quotidien, l’abject.

Et pourtant, on s’attache à ces êtres, du moins on a envie de voir jusqu’où ils peuvent aller dans la noirceur. Donald Ray Pollock a ce talent de conteur : nous entraîner dans les tréfonds de l’esprit humain et faire en sorte qu’on en redemande. Car l’écriture est splendide (le travail de traduction qui conserve cette ambiance si particulière intacte est à saluer) autant dans la peinture des personnages que dans l’évocation de l’Ohio, territoire grisâtre hors du temps et pourtant si proche. Un 19ème siècle crasseux et arriéré en plein 20ème, terreau où germe le pire de l’humanité. Et quand la fin s’annonce, que tous les chemins se sont croisés, que les destins se sont accomplis et qu’arrive la dernière ligne, une seule pensée nous hante : encore, monsieur Pollock.

9.5/10 Plus sombre qu’un thriller, plus tortueux qu’un roman choral, plus inquiétant qu’un texte fantastique, Le Diable, Tout Le Temps est une œuvre rare, puissante qui vous hante bien longtemps après l’avoir refermée.

Winter

Posté dans Critiques Policier par Winter

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