Le Blog-Notes Critic

Couverture : 

Résumé :

Christopher est en fuite. Avec Serenity, dix-sept ans elle aussi, et son frère aîné Kyle, il traverse le désert du Nevada à la recherche du père de ses deux amis, Jeremiah Jones. L'homme se cache : ardent pourfendeur des dérives de la technologie moderne, il est recherché par le FBI pour attentats terroristes. Mais Christopher lui-même est pourchassé et ses ennemis ont le bras long. Quel innommable secret détient-il pour que les moyens déployés contre lui dépassent toute attente en brutalité comme en sophistication ? Il faut dire que Christopher Kidd n'est pas n'importe qui ; à l'âge de treize ans, sous le pseudo de "Computer Kid", il a piraté le système bancaire international et plongé la planète dans le chaos économique. C'est pourtant une menace autrement plus redoutable qui pèse aujourd'hui sur le monde. Les jours de l'humanité telle que nous la connaissons sont comptés. Un thriller angoissant par l'auteur d'En panne sèche.


Mon avis :
Il est toujours plaisant d’ouvrir un livre d’Andreas Eschbach. Plaisant à plus d’un titre, mais surtout parce qu’à chaque nouveau bouquin que nous sort l’auteur, nous avons le droit à un univers différent des autres, mais toujours aussi bien construit. Black Out ne déroge pas à cette règle. C’est dans le monde contemporain mâtiné de science-fiction que nous emmène l’auteur.


« Rejoignez la Cohérence. Plus jamais vous ne serez seul ». Que se cache-t-il derrière cette accroche en quatrième de couverture? Evidemment, je ne vous le dirais pas dans cette critique au risque de vous gâcher l’effet de surprise. Non pas que cette dernière soit vraiment surprenante, mais le résumé n’en parlant pas, je n’en ferais rien non plus également. Néanmoins, comme dans tout bon livre de monsieur Eschbach, le ton thriller est souvent de mise. Ce qui procure un rythme qui est rarement mou, avec des chapitres qui s’enchaînent sans temps mort. Le dynamisme en ressort alors grandi ainsi que le plaisir de lecture.

Oui, alors l’histoire? Nous suivons les pas de Christopher, qui se trouve en cavale. Une fuite qu’il partage avec Serenity et son grand frère Kyle. Et nous nous apercevrons rapidement que leurs objectifs respectifs se rejoignent. Trouver le père des deux enfants qui lui-même est recherché par le FBI pour un attentat qu’il nie avoir commis. Ca commence à faire beaucoup de courses-poursuites. Mais pourquoi courent-ils tous ainsi comme des dératés ? Qui fuient-ils ?

Forcément, en lisant le résumé, on peut émettre des hypothèses. Un père allergique aux nouvelles technologies recherché par le FBI, un enfant qui a fait imploser le système bancaire international. On se doute bien que la composante technologique a une place prédominante dans l’histoire. Ce dont on se doute moins en revanche, c’est quelle tournure prendra la technologie dans l’ouvrage. C’est pour moi la seule ombre que j’aurais à rétorquer sur ce livre. En effet, en lisant le résumé, je m’attendais à un thriller économique, notamment avec la prouesse de Christopher, alias « Computer Kid ». Un peu dans le même genre que son précédent roman « En panne sèche » où le contexte géopolitique servait de fil conducteur à la thématique du pétrole qui se faisait de plus en plus rare. Ici, c’est tout de même davantage un livre d’anticipation qui ne s’arrête pas uniquement à la cybercriminalité. Anticipation sur … ce que vous lirez au fil de ces pages. La première moitié permet de mieux saisir la genèse par l’intermédiaires de flash back de Christopher, l’autre moitié délivrant les ultimes clés pour conclure au mieux ce premier tome.

7/10 Livre d’anticipation qui pourrait bien trouver écho dans la réalité à plus ou moins court terme, Black Out nous pose les bases de ce nouveau cycle. Une plume efficace et un univers toujours aussi bien travaillé (marque de l’auteur oblige ), à découvrir en attendant la suite.

SebO

Une plongée dans un avenir qui peut donner froid dans le dos? Par ICI que ça se passe.

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Couverture:


Résumé:

Anna, une vestale consciencieuse mais émotive, est condamnée à mort pour avoir brisé un vase sacré - le fameux calix Esclarmonde. Son savant fou de maître la fait " décorporer " à son insu. L'expérience réussit et elle surgit indemne à une autre époque, où il perd sa trace. En l'an 4666, Anna, devenue " costumière tradi " chez Thomasine Couture, habite avec Ankh Delafontaine, belle blonde médiéviste, et elle monte à cheval à Etampes. Le bonheur. Elle en viendrait à se convaincre qu'elle n'a pas rejoint le monde au-delà de la mort, quand tout se complique à nouveau. Anna et Ankh sont arrêtées pour ne pas avoir assisté à un match de trimslop, puis une cavalière est assassinée. L'enquête conclut à la mort d'Anna. Entre alors en scène Holinshed, un cheval extrêmement stylé qui effectue des missions en freelance pour les humains à travers le temps... Pour tous ceux qui aiment Paris, la fin du monde, les chevaux, le camping, Simone de Beauvoir... et un peu moins le football.

Mon avis:
A la lecture de la quatrième de couverture, on peut se dire que nous allons tomber sur un livre classé fun. Une vestale qui pour un crime somme toute peu répréhensible, a l'insigne chance de ne pas être ébouillantée mais simplement décorporée, a de quoi laisser perplexe. Le terme chance n'était pas ironique, du moins pas dans l'univers d'Anna. Une vestale n'est qu'un être insignifiant, un esclave. A partir de ce postulat, il n'est pas anormal de les voir condamner à la chaîne et s'en émouvoir autant que si on jetait un kleenex à la poubelle.

L'humour tiré de ces 225 pages vient donc en grande partie du ton grinçant employé. Et pour amplifier cela rien ne vaut une décorporation dans un autre temps. Une époque où Anna se retrouve à Paris, en l'an 4666. Un Paris en pleine décadence, dans un esprit SF post-apocalyptique. Le question du pourquoi fut-elle décoporée et non ébouillantée n'est pas des plus importante. Juste le pari un peu fou de son maître au vestaliat voulant tester ce procédé. A Paris, elle où elle pense de prime abord qu'il s'agit de la terre des morts, elle va apprendre à re-vivre. Une vie plus indépendante bien que cloisonnée et stricte, mais où elle peut avoir un avis, une vie à elle. Une vie qu'elle partagera d'ailleurs avec Ankh. Car là où elle habite, il faut être en colocation. Et sa colocataire est une médiéviste. Alors lorsque deux époques se confrontent, forcément on en arrive à certains débats.

C'est de cette antinomie que relève l'intérêt le plus fondamental de ce récit. Qu'il s'agisse de la grande consommation, du marketing, du commerce, des relations entre élites urbaines et populaces  provinciales, des dérives du sport et de ses comportements déviants, tout passe à la moulinette grinçante d'Anne Larue. Car c'est parfois plus aisé, et surtout plus impactant d'évoquer certains problèmes majeurs de la société par le biais de l'ironie. Un moyen de désacralisation.

Au fil des pages nous allons suivre les pas d'Anna et de Ankh. Des pas qui vont se voir perturbés par deux événements majeurs, narrés d'ailleurs dans le résumé. Un processus dont je ne suis pas fan  puisqu'il évoque des faits se déroulant bien après le début du voyage d'Anna, soit un effet « spoilant » frustrant. Néanmoins, et malgré une écriture des plus fluide, je trouve l'ensemble un peu brouillon. L'environnement est intéressant mais confus. On ne voit d'ailleurs pas trop au début où l'on va, et comme le livre est relativement court, on se demande quand est-ce que l'intrigue va réellement débuter. C'est pourquoi je pense qu'il faut davantage voir l'intrigue comme toile de fond favorisant une réflexion sur notre société et la place que les individus peuvent y prendre. Le tout dans un style burlesque, décalé et acerbe.

6,9/10 «La vestale du Calix » est un livre frais et porteur de nombreux messages sérieux sur notre société contemporaine. Sérieux dans le fond, mais burlesque dans la forme. Ne vous focalisez pas sur l'histoire, qui bien qu'intéressante n'est pas des plus immersive.

SebO

Une analyse de notre société passée à l'acide dans un univers burlesque ? C'est par ICI

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Couverture:

 Résumé:
« Dans un monde où les véhicules rugissent comme des animaux sauvages, même les morts sont dangereux... »

Alors qu’il revient d’Afrique, Nate Wildenstern découvre que son frère a été assassiné et que tout l'accuse. Aussitôt, il soupçonne un complot. Après tout, sa famille n'est-elle pas entraînée depuis l'enfance à la trahison et au meurtre ? Nate fait son enquête, jusqu'au jour où sont retrouvées les momies de quatre de ses ancêtres... bien décidés à prendre le contrôle des Wildenstern.

Mon avis:
Quelle est la manière la plus expéditive dans une famille pour gagner un héritage ? Oisin McGann nous en dévoile la réponse dans cette saga, l’assassinat fratricide. Cette famille, les Wildenstern, a comme base sémantique « wild » en anglais, qui dans la langue de Molière signifie « sauvage ». Et de la sauvagerie, ils en ont à revendre dans cette dynastie. Mais de quel héritage parlons-nous d’abord? Il faut savoir que les Wildenstern sont telle une oligarchie, un lignage remontant à plusieurs siècles qui a vu ce clan devenir une entité incontournable dans la société irlandaise, puis européenne, et enfin mondiale avec la découverte des Amériques. Et comme tout, le pouvoir évolue. Ainsi des temps médiévaux où leur règne passait par le droit du sang, nous arrivons à l’époque de ce récit, 19ème siècle, avec une domination qui se veut davantage financière et juridique. Cela ne veut pas dire que l’esprit sanguinaire n’est plus d’actualité, seulement avant il servait à se faire respecter en externe, dorénavant c’est surtout en interne, dans la famille, que le sang coule… Enfin, pour être quasiment complet sur le contexte de ce roman, je souligne bien que cette emprise familiale sur le monde est réellement présente et ne souffre d’aucune concurrence, pas même les différentes royautés ou chefs d’État. Et lorsqu’on sait que toute cette caste, du moins les niveaux généalogiques proches du patriarche habite dans le même énorme manoir, nous pouvons en déduire l’équation suivante :

Héritage + pouvoir + droit à l’assassinat fratricide - sentiment - culpabilité = Appétit vorace + créativité machiavélique + intrigue + humour morbide

Une équation qui comme vous pourrez le constater sent bon le côté caustique, mais dans un univers qui n’en reste pas moins sérieux. Sérieux, et original par l’apport d’une touche fantastique, la présence de ce que l’auteur appelle des mécanimaux. Il s’agit simplement d’animaux, mais qui au lieu d’avoir un organisme tout en muscle et chaire, fonctionnent à partir de métal et rouages . Ce phénomène a néanmoins quelques explications. Celui qui nous en apprendra le plus est Gérald, le cousin de notre personnage principal Nathe. Versé dans les sciences et intelligent, il a pour vocation à découvrir de nombreuses choses liées à cette dualité animal/mécanimal, de son origine à ses différentes utilités. En tout cas, la présence de ces bêtes mécaniques donne une touche d’exotisme très intéressante, tantôt humoristique, tantôt attachante, mais toujours utile dans cet univers sombre et rude.

L’histoire rend compte donc de Nathe, qui après un voyage en Afrique revient au plus mauvais moment dans le manoir familial. Le décès de son grand frère, qui dans la hiérarchie était le premier héritier laisse présager d’un retour aux bonnes vieilles traditions domestiques. Car si vous avez bien lu le début de la chronique, forcément les regards vont se tourner de prime abord sur ce frère qui pour se rapprocher de la succession a ou aurait très bien pu éliminer son grand frère. Il y a par conséquent un côté enquête fort bienvenu, de manière à démêler les pinces de ce gigantesque panier à crabes. Et ça vaut son pesant de cacahuètes. A croire que l’auteur a souhaité par ce récit décerner la palme d’or du plus cinglé de la famille. Des quiproquos n’arrangeront rien dans l’avancement de la contre-enquête que se donnera pour mission Nathe. Les faux-semblants sont partout, les coups montés retors, et il est difficile en tant que lecteur d’émettre des hypothèses qui trouveront écho au fil des pages que vous tournerez aisément. Les 36 chapitres ne sont jamais d’ailleurs très longs, environ 10 pages pour chacun d’entre eux, accentuant du même coup la dynamique qui ira crescendo. Les dialogues ne sont pas en reste, efficaces, sarcastiques ou encore sournois, ils sont dans la continuité de l’ambiance générale dégagée par l’histoire. Les personnages sont colorés, différents autant par leur apparence que par leur position dans le droit de succession, œuvrant chacun en secret pour tirer son épingle du jeu… où certains évènements viendront totalement chambouler le déroulement naturel de cette famille pas comme les autres.

8,5/10 Une histoire passionnante où la succession se dessine dans le sang familial. Des coups fourrés omniprésents, des intrigues, un environnement autant morbide que marrant, font de ce « Voraces » une très bonne mise en bouche avant le plat de résistance déjà sorti et intitulé « Féroces ». Bon appétit !

SebO

 Mettez-vous à table avec cette famille aux us et coûtumes triviales ? C'est ici 

 

 

 

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