Le Blog-Notes Critic

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Couverture :

Résumé :
Alors que sa grand-mère est hospitalisée, Nellig profite de devoir veiller sur la maison familiale pour s’accorder des vacances en Bretagne. Mais la demeure est hantée de souvenirs, de présences, d’échos d’enfance enfuie… et Nellig n’aime pas vraiment ça.
La nuit de la Toussaint, tandis qu’une tempête se fracasse sur les côtes et que les phares s’éteignent, pendant que d’anciennes légendes refont surface, le fantôme de son grand-père lui apparaît. Et il a un message à lui faire passer.


Notre Avis :
Rozenn Illiano est une jeune artiste aux multiples talents, créatrice dans divers domaines, les bijoux, l’illustration, et aussi l’écriture (voir notamment Le chat qui avait peur des ombres avec Xavier Collette), domaine qui nous intéresse ici puiqu’elle signe avec Notre Dame de la mer une novella fantastique, dense et passionnante qui se déroule en Bretagne (Côtes d’Armor). L’histoire met en scène une jeune femme discrète, à l’âme sensible, qui retourne dans la maison famiale, celle de ses grands-parents, pour la garder, étant donné que sa grand-mère, victime d’un malencontreux accident, se retrouve à l’hôpital, le grand-père, lui, étant décédé depuis quelques années déjà. C’est donc avec une certaine nostalgie que notre jeune femme redécouvre les sensations et les sentiments de sa jeunesse, les bruits de la maison, le chat Gribouille, l’ambiance typique des petits villages et, en plus, l’appel de la mer. Très vite, légendes et racontars, mêlés à ses histoires de famille vont l’entraîner auprès de fantômes du passé et des mystères insolubles qui l’entourent. Sa vie n’est pas loin de basculer, la réalité non plus. Car, elle le sent, elle le sait, son retour correspond à celui d’étranges phénomènes au village, sur les côtes, en elle aussi.
N’y allons pas par quatre chemins : Notre Dame de la Mer de Rozenn Illiano est une excellente novella, qui se lit avec passion et délectation : les pages défilent, les mots sont doux et l’atmosphère lourde. Premier plaisir, retrouver l'ambiance des côtes bretonnes, de ses vaillants marins parfois échoués en mer mais qu’un phare monolithique guide parfois vers le salut. Deuxième plaisir, l’âme des folkloristes acharnés (François-Marie Luzel) et les légendes qu’ils entretiennent et qui les hantent planent sur l'histoire de Nellig et de sa famille. Le texte est entrecoupé de lettres, d’extraits de légendes, d’interventions diverses, qui apportent un plus indéniable au fond de l’intrigue et l’on tend alors vers un esemble tendre, touchant, souvent poétique, porté par une écriture plus limpide qu'une mer calme sous un chaud soleil ; une mer bretonne, bien entendu, où le goût prononcé du sel, l'âpreté du climat et des côtes, viennent renforcer le charme profond de cette histoire que les légendes happent avec une force de tempête, jamais démentie, et ce jusqu'au final, de toute beauté.


Note 7.5/10. On se jette sur cette belle novella fantastique (à la magnifique couverture signée Xavier Collette). Ce n’est pas tous les jours qu’on peut vous en proposer de cette qualité. Coup de coeur pour nous. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire !

Posté dans Critiques Fantastique par Librairie Critic

Couverture :


Résumé :

« IRISH-WHISKY, WHISKY D’IRLANDE AU GOÛT DE SANG ET DE LARMES, RAFRAÎCHIS MA BOUCHE AMÈRE, AMPOULÉE DE FIÈVRES ET RÉCHAUFFE MON CŒUR, MON PAUVRE CŒUR... »

     Coupé de sang ou teinté de fiel, mêlé de larmes ou relevé d’iode, le Whisky trône au bar, chez Jean Ray, tel le breuvage-roi. Alcool philosophal, il porte en lui tous les vertiges, toutes les révélations et tous les songes. Étreindre en son poing la fleur du malt, c’est tenir la clef des songes, le cordial d'apocalypse. Dont acte avec ces Contes du Whisky, constitués de récits parus entre 1923 et 1925, enrichis de quelques textes rares.Celui que la presse célébrerait comme la « Shéhérazade du Nord » ou la « Sibylle de Gand » teste ici son coup d’archet de grand visionnaire noir, faisant ses gammes sur fond d'abîmes. Immondes mutations arachnéennes, anecdotes à l’humour d'un noir goudronneux, récits de maraudeurs et dits de forbans, saynètes d’usuriers et bestiaire frénétique, confession d'outre-monde ou fariboles d’ivrognes... Chacun de ces contes est une prose arrachée à l'album de la nuit et à toutes les ivresses, celles des pontons du Nord, des îles au loin, des tavernes d'arrière-port ou des chambres hantées. Le Whisky vous y est un confident ou un boutefeu, un conseiller ou un ami avec qui sombrer. Oui, à plein verres, l'or du démon !

Notre avis :

Voici une réédition plus que bienvenue chez Alma d’un grand classique du fantastique européen – Jean Ray est belge. Grand classique qui fleure donc bon le whisky, arme fatale pour faire parler les gens, c’est bien connu, et s’il est irlandais c’est encore mieux, comme c’est le cas dans le premier conte qui ouvre le recueil, Irish Whisky un conte glaçant qui nous immerge dans une histoire de vengeance qui tisse doucement mais sûrement sa toile. Ambiance garantie, effroi aussi. Voilà en tout cas qui plante le décor d’un recueil qui grouille d’insectes et d’animaux de l’ombre – les rats dans l’angoissant La Vengeance. Tous les archétypes de l’étrange y passent, tous les motifs classiques tels le tableau maudit (Le tableau, encore une sombre histoire de vengeance – un théme récurrent ici – que la cupidité provoque), le cimetière (le sinistre Le gardien du cimetière), et le brouillard – le fog – qui dissimule bien des secrets et des monstres terrifiants, où les chiens de nuit hurlent à la mort ! L’écriture de Jean Ray, toujours percutante, doucement cynique, très imagée (On se croirait par moments derrière la caméra du Orson Welles de Une histoire imortelle), nous plonge dans des ambiances délicieusement intemporelles, dans les coins d’ombre, brumeux, que recèle l’âme humaine, là où logent ses terreurs les plus ancrées que réveillent parfois un simple doigt de whisky !

Note 8/10. Indispensable et superbe réédition – rehaussée par les splendides couvertures de Fœrster, celui de Fluide Glacial – des Contes du Whisky de Jean Ray chez Alma. Ambiance et frissons garantis pour un plaisir de lecture jamais démenti.

Posté dans Critiques Fantastique par Librairie Critic

Couverture :

Résumé :
Le comte Dracula n’est pas mort à la fin du roman de Bram Stoker. Il a épousé la reine Victoria, et règne sur la Grande-Bretagne. Le vampirisme se répand, et les simples mortels sont mal vus. Dans cette version de Londres du XIXe siècle, des prostituées vampires se font assassiner par un mystérieux homme aux scalpels d’argent. Au coeur de l’enquête se croisent des personnages aussi légendaires que le docteur Jekyll, Moriarty, Fu Manchu ou encore le club Diogène.

Mon avis :
« Magnifique. Une lecture obligatoire » proclame l’auteur multiprimé Neil Gaiman dès la couverture ; « Le thriller vampirique du siècle » surenchérit l’éditeur parisien Bragelonne en quatrième. Une formule reprise et détournée par l’un des chroniqueurs du très respectable blog Critic qui conclut quant à lui « le thriller vampirique du siècle ?  Peut-être pas… Mais assurément l’une des plus belles contributions au genre ».

Publié une première fois en France en l’an 1992 par les éditions J’ai Lu, Anno Dracula fait parti de ces romans cultes qui, tandis que certains crient au chef-d'œuvre, se voient boudé par le grand public. Toutefois, plutôt que de se jeter sur la suite « médiocre » de Dracula écrite par l’officiel petit-neveu de Bram Stoker – ou alors, c’est l’inverse… –, celui-ci ferait mieux de s’intéresser à la bibliographie de Kim Newman. En effet, ce dandy anglais est l’un des éminents spécialistes du cinéma de genre, c’est-à-dire qu’il n’a pas visionné Twilight à plusieurs reprises, peut-être même pas une seule fois. Et cela se voit, en mélangeant des grandes figures de la littérature britannique du 19e – Sherlock Holmes, Docteur Jekyll & Mister Hyde, Dracula – des personnalités réelles et des personnages qui lui sont propres, il nous offre un roman qui mêle uchronie, fantastique et steampunk dans une ambiance tout à la fois pesante, brumeuse et londonienne.

Comme il l’explique dans l’annexe placée en fin d’ouvrage, l’auteur anglais s’est approprié les codes du genre, sans pour autant tomber dans la parodie ou le pastiche. Bien au contraire, loin de ployer sous les multiples références –  le danger dans ce genre d’exercice, son univers brille de tempérament, jamais de prétention, toujours respectueux de ses modèles, tout en parvenant à s’en distinguer. Anno Dracula ou quand « jeu littéraire » rime avec « œuvre populaire ». Anno Dracula ou comment à  partir d’une idée simple mais brillante – et si Dracula avait émigré dans l’Angleterre victorienne – et avec du talent, on peut offrir à la littérature vampirique l’une de ses plus belles représentations. 

Avec cette magnifique édition director’s cut, il n’appartient qu’à vous de faire de ce roman culte un roman à succès, et même une trilogie, puisque deux suites existent. Et si elles ont déjà été traduites dans nos contrées, elles ne traînent que sur les étagères des bouquinistes, attendent patiemment qu’une âme charitable vienne les dépoussiérer.


8.5/10 Alors, Anno Dracula, le thriller vampirique du siècle ?  Peut-être pas… Mais assurément l’une des plus belles contributions au genre.


Simatural

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Posté dans Critiques Fantastique par Simatural

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