Le Blog-Notes Critic

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Résumé :
Né avec une jambe en moins, la coutume aurait voulu qu'il meurt. Mais son père en décida autrement et il nomma son fils Asgard, comme un défi aux dieux. Une quarantaine d'année plus tard, Asgard est un homme solitaire vivant à l'écart. Ancien guerrier renommé, il est désormais un chasseur de monstres reconnu et l'un d'entre eux rôde dans le fjord, bloquant les hommes a terre...

Mon avis :
Premier tome d'un dyptique, ce qui devait être un album des mondes de Thorgal s'est finalement décliné en une série autonome.

Xavier Dorisson et Ralph Meyer nous entraînent à la suite d'Asgard, un homme solitaire qui nous fait immédiatement penser au capitaine Achab dans le roman Moby Dick. Comme ce denier, Asgard a une jambe en moins, il est farouche, tenace, misanthrope et poursuit un monstre légendaire. La référence est parfaitement assumée et Xavier Dorisson mêle a cette trame le monde viking, sa rudesse et ses dieux coquins. Le mythe et la réalité se mélangent et les hommes prennent peur face a cette incursion des légendes.

Cette trame est portée par des personnages bien pensés et un rythme de narration soutenue.
Xavier Dorisson va à l'essentiel, les dialogues sont rares mais percutants et l'action toujours présentes et haletante.

La tension engendrée par l'histoire est parfaitement accompagnée par le trait de Ralph Meyer. Le travail qu'il a effectué appui le rythme de l'album et renforce la fluidité de la narration. Le découpage des planches est dynamique, avec certaines pages lorgnant du coté des illustrations de saga nordique.

Les pages sont aérées et tout en mouvement, compensant les absences de dialogue en renforçant l'action des personnages.

Xavier Dorisson et Ralph Meyer réussissent leur pari et nous entraînent sans difficulté à la suite d'Asgard et de son équipage dans une chasse qui s'annonce légendaire !

8/10 Voici une saga nordique à la croisée entre Moby Dick et les légendes viking. Des personnages puissants , des légendes et un monstre mythique le tout emmené par un récit à l'action soutenue. 

Sreekstar

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Résumé :
Début 1945, Algérie. Marie Delmas arrive de Métropole pour prendre son premier poste d'institutrice à Sétif. Chargée de promouvoir la scolarisation des enfants indigènes, elle éprouve des difficultés dans son projet d'école mixte. Sa route croisera celle de deux jeunes Algériens, Amor et Fatma, rêvant à leur avenir commun, même si le monde qu'ils ont toujours connu est sur le point de s'écrouler...

Mon avis :
Petit rappel de ses cours « d’histoire-géo » du collège.
Leçons coloniales, c’est justement une belle leçon d’histoire sur les débuts de la colonisation et ses conséquences, sans pour autant désigner un coupable. On n’est pas là pour ça ! C’est aussi une histoire émouvante, à la croisée de plusieurs personnages.

Ce
tte bande dessinée est une nouvelle corde à ajouter à l’arc d’Azouz BEGAG ; écrivain politicien, chercheur en économie et sociologie, le voilà désormais scénariste pour la bande dessinée de Djillali DEFALI, dessinateur chez Glénat, Delcourt (Aspholdèle, La loi des XII Tables, etc.), 12bis et Soleil, rien que ça !

« Dictée, prenez une feuille et un stylo »
C’est juste avant le début de la Guerre d’Indépendance en Algérie. 1945, une institutrice, Marie Delmas, prend son poste à Sétif, avec pour volonté de faire une école mixte. Mais ses espoirs seront rapidement éteints par les conflits politiques qui grondent. Les enfants, n’y étant pour rien, paieront tout de même les pots cassés des frictions existantes entre leurs parents, chacun investi pour une cause. Pour les Pieds-Noirs et le FLN (Front de Libération nationale), les idéaux s’opposent et ne trouvent pas de solution. Mais tout n’est pas si simple et manichéen. Pas de panique, ici, avec la maîtresse, on nous explique tout avec en prime des histoires.

Les illustrations sont vivantes et détaillées, pourtant le dessin des personnages est parfois un peu irrégulier. Cela n’enlève rien au fait que l’on ressent, notamment par le choix des couleurs, à travers l’image, cette Algérie chaleureuse au climat méditerranéen mais à l’ambiance de plus en plus électrique. Le rythme est fluide, certaines ellipses ne font pas pour autant perdre le fil de l’histoire et les personnages sont bien travaillés dans leur caractère.

Ce que nous montre Leçons coloniales, c’est une Algérie divisée entre différentes volontés pour le pays. Mais ici, pas de coupable attitré, le bon et le moins bon sont dans tous les camps, et les victimes aussi. C’est la force de cette BD, une explication de l’histoire par des histoires de personnages attachants, ou non, proposant différents points de vue, en ne prenant pas partie pour l’un ou l’autre. Tout de même, en fond, l’image du soldat américain servant ses propres intérêts, qui revend des armes, mettant ainsi « le feu aux poudres » vers le conflit armé.

C
’est ici une belle histoire que l’on nous raconte, même si on connaît déjà la fin. Une leçon d’histoire et une leçon d’humanité avec Leçons coloniales, qui nous permet de comprendre sous un autre angle, celui du peuple (toutes origines et idées confondues), l’avenir de l’Algérie.

7
,5/10 Une BD profonde qui permet de comprendre, et de ne pas oublier, le commencement de la guerre d’Indépendance de l’Algérie. Une BD qui explique et qui ne dénonce personne. Leçons coloniales s’est surtout l’histoire de ces enfants, souvent victimes collatérales des conflits.

Célia

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0 Comments | Posté dans Critiques BD par Celia

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Résumé :
Saïgon, 1948. Un officier de la légion étrangère pénètre dans une fumerie d'opium. C'est dans ce bouge qu'il déniche l’ingénieur Daguet, ancien maquisard désillusionné, pour l'intégrer à un important projet de la légion. Ce projet, c'est le train blindé « La Rafale » dont le but est de ravitailler les postes de la légion et d'escorter les convois. L'ingénieur Daguet devra assurer son fonctionnement mais, dans l'ombre, My Linh, une jeune communiste jouant la prostituée, a pour charge de saboter le convoi...


Mon avis :
Le Tonkin, l'Annam, la Cochinchine, voilà des mots qui remuent quelques vieux souvenirs coloniaux assez flous dans nos mémoires. C'est cette contrée, l'Indochine, que les 2 scénaristes Patrick Cothias et Patrick Ordas, ont choisie de nous faire découvrir via leur album, « La Rafale ».

La Rafale est un train blindé que la légion étrangère a mis en route en 1948 reliant les différents postes de la légion et qui va servir de vecteur à l'histoire.

Inspiré de faits réels, cet ouvrage fait apparaître les tensions régnant en Indochine, notamment entre les populations et le colonisateur. Les 2 acteurs principaux du récit reflètent d'ailleurs bien ces tensions. En effet, les personnages, aux motivations et contradictions multiples, nous font aisément pénétrer dans le récit. Comment rester insensible au sort de My Linh, se prostituant sur ordre, ou bien de Daguet, quasi engagé de force, qui joue sa vie en pleine jungle ?


Le récit a une véritable profondeur, l'Indochine n'étant pas utilisée seulement comme toile de fond mais comme un morceau d'histoire concret : on comprend ainsi les enjeux et les bassesses du conflit. Repensez aux films tels que « Il faut sauver le sauver le soldat Ryan » ou « la mémoire de nos pères » et vous aurez une idée de la manière dont est traitée l'histoire. Les scénaristes se sont emparés du sujet avec justesse et nous exposent la réalité de ce conflit sans fard.

Le dessin académique de Winoc s’adapte tout a fait à la teneur du scénario. Son trait semi-réaliste accentue la force du récit et le découpage est dynamique, certaines pages faisant penser à des plans cinématographiques. Il aurait été toutefois agréable d’avoir des arrières plan plus fouillés et des visages un peu plus expressifs.

Au final, les auteurs nous livrent un récit fin et juste sur une période troublée et méconnue de notre histoire.

7/10 Un scénario efficace et juste, des personnages travaillés, le tout en usant d'un contexte historique difficile, la guerre d'Indochine, mais traité avec intelligence. 

Sreekstar

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