Le Blog-Notes Critic

Couverture : 

Résumé : 

Sahil, jeune Afghan de 24ans, a déserté l'armée régulière afghane et s'est réfugié à Paris.Sans papier, squatteur,sans un sous vaillant, il est recruté pour exécuter une femme un vendredi 13.
Il est alors pris dans une machination qui va l’amener lui, une jeune Rom et une sataniste dans une sombre équipée, la mafia russe aux trousses.

Mon Avis : 

Une fois n'est pas coutume, il ne s'agit ni d'un roman de science-fiction ni de fantasy, mais d'un roman noir. Beaucoup d'entre nous connaissent son auteur, Pierre Bordage, plus habitué aux récits de SF comme le fameux Wang, les Griots célestes ou, plus récemment, la Fraternité du Panca.

Il nous entraîne dans un nouvel univers, le Paris contemporain vu à travers Sahil, réfugié tourmenté en quête de rédemption.

Ce dernier est loin d'être un enfant de chœur, il a fait couler le sang à maintes reprises et parfois sans raison, et fuit autant son pays que les visages de ses victimes qui le tourmentent.

Mais Sahil ne se contente pas de fuir, il s'interroge et se remet en question, cherchant une voie de rédemption dans un monde où tout lui est étranger. Sahil nous fait traverser un Paris obscur et des faits anodins, comme une patrouille de police, nous font ressentir un danger permanent.

Pierre Bordage nous entraîne dans une fuite permanente, une course-poursuite sans répit avec  Djidjo, la jeune Rom, et Ten la sataniste, 2 compagnons d'infortunes.

C'est d'ailleurs en partie à travers ses 2 amis que Pierre Bordage distille quelques critiques,  notamment à propos du traitement des réfugiés et des minorités , de notre monde politique ou encore sur la guerre en Afghanistan.

Ces dernières sont bien insérées dans le roman et ne font pas de ce dernier un manifeste : au contraire, ils ajoutent à la profondeur de l'histoire.

Pour terminer, bien que l'ouvrage ne soit pas exempt de défauts (quelques rares passages inutiles, à mon sens), la qualité de la narration alliée à une écriture claire et directe font de ce roman une réussite.

7/10 : Pierre Bordage fait une incursion heureuse dans le roman noir, le récit du jeune Sahil est prenant. L'auteur nous plonge dans la peau de son personnage, nous faisant partager ses tourments, ses espoirs et ses multiples péripéties . L'histoire est bien menée et l'écriture claire, efficace et pleine d'empathie nous emporte sans peine. Un bon roman noir, assurément !

Sreekstar

Pour ajouter ce livre à votre bibliothèque, cliquez ICI

0 Comments | Posté dans Critiques Autres par Christian

Couverture :


Résumé :

" La Religion ", c'est le nom que se donne l'ordre des Hospitaliers, mais c'est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s'apprêtent à recevoir les furieux assauts de l'armée ottomane. A un contre cinq, les chrétiens tiennent le siège au prix de combats effroyables. Un déchaînement de violence dans lequel se trouve entraîné Mattias Tannhauser, un ancien janissaire qui a connu les deux camps. Pour les beaux yeux de la comtesse Carla La Penautier, le trafiquant d'armes et d'opium embarque pour l'enfer...

Mon avis :
         Quand un fan de Joe Abercrombie – au moins autant que vous – vous confie « mon nouveau dieu, c’est Tim Willocks, ma nouvelle bible, c’est La Religion », ce serait stupide de votre part de ne pas y prêter une oreille attentive. C’est connu, les fans de Joe Abercrombie ont bon goût. Alors, ni une, ni deux, vous commandez ledit roman…

         La Religion constitue la première incursion dans le genre historique d’un auteur qui sévit habituellement dans le polar. Et quelle incursion ! Dès les premières pages, on est happé dans un récit tout en bruit et en fureur, où résonnent le chaos des Croisades, l’impact des épées, le tonnement des canons, le tumulte de la guerre, les prières des mourants, le murmure des traîtres, et par moment, la lumière de l’amour et de l’amitié. Willocks nous plonge au cœur du siège de Malte, alors que les chrétiens sont encerclés par la flotte turque. Une sorte de fort Alamo où les coups d’éclat sont nombreux. Et parmi elles, celle de Matthias Tannhauser, ancien janissaire, trafiquant accompli, et personnage principal du présent roman. Un chapitre et vous voilà dans sa poche. Deux, et le voilà déjà dans votre panthéon des héros épiques. Le bougre a connu les deux camps, et n’a pas sa pareille pour survivre et se distinguer là où les autres meurent dans la boue et la fange. Sa seule faiblesse est d’aimer un peu trop les femmes… Un penchant qui le jettera tête la première dans le conflit. Les autres protagonistes ne sont pas en reste, qu’ils soient de son côté (l’inénarrable Bors, la belle comtesse ou la jolie Amparo), ou non (comment ne pas évoquer Ludovico ?). On pourra parfois regretter que l’auteur anglais les oublie un peu au profit de son héros, ou qu’il passe un peu rapidement sur certaines intrigues secondaires (un comble quand on sait que le roman approche du millier de pages dans la version proche !), ou encore quelques lourdeurs stylistique çà et là, mais ce serait cherche la petite bête tant La Religion explose de mille feux dans la production actuelle, empilant les morceaux de bravoure (dans le fond et dans la forme) et les scènes inoubliables. La fin, un cran en dessous du reste, n’arrive pas non plus à amoindrir nos attentes quant à la suite, pas encore parue…

9/10 Plein de bruits et de fureur, La Religion se révèle comme l’un des plus beaux moments épiques de ces dernières années. Un roman à ranger à côté de Gagner la Guerre de Jaworski.

Simatural

Ajouter ce moment de lecture intense à votre bibliothèque juste ICI

2 Comments | Posté dans Critiques Autres par Simatural

Couverture:

Résumé :
1295. En Terre sainte, l'empire chrétien n'est plus qu'un vaste champ de ruines. De retour à Paris avec les autres rescapés des Croisades, Will Campbell, Chevalier du Temple, est à la croisée des chemins. Il a juré de défendre les principes de L'Aine du Temple, mystérieuse société secrète agissant au coeur même de l'Ordre du Temple et qui oeuvre pour la paix. Mais la paix semble s'éloigner de jour en jour... Car le Temple a forgé une alliance avec le pire ennemi de Will, Edouard 1er, qui attend son heure pour envahir l'Ecosse. Un pacte contre sa terre natale atteignant Will au plus profond de son âme, de sa foi et de son allégeance. Doit-il rester fidèle à ses frères Templiers et entamer une nouvelle guerre dans laquelle il ne croit pas et par laquelle il trahira les siens ? Ou doit-il rompre ses voeux et trouver son propre chemin vers la paix, quitte à se battre aussi - mais pour l'Ecosse ? Alors que toutes ses pensées sont tournées vers son ennemi, Will ne s'aperçoit pas qu'une menace plus terrible encore pèse sur lui. Un roi belliqueux occupe le trône de France. Son désir de suprématie ne connaît aucune limite et il est prêt à tout pour assouvir son ambition.

Mon avis :
Juin 2010, telle était la date de ma chronique sur le tome 2 de cette saga intitulée « L’Âme du Temple ». Autant dire qu’il y a eu de l’eau à couler sous le pont avant que je ne m’embarque dans la lecture de ce troisième et dernier livre, « Requiem ». Je craignais d’avoir perdu le fil, mais bien que certains évènements et détails fussent sortis de mon esprit, le fil conducteur lui restait bien ancré. Le sentiment de revanche que l’on imaginait est bien présent. Will Campbell, notre héros qui n’est plus tout jeune, garde en lui une foi immense en sa quête. Il faut dire que son entrée puis son implication dans le Cercle a chamboulé sa vie, ainsi que celles des personnes à qui il tenait. Pour rappel, le Cercle est le groupe secret œuvrant notamment au sein même du Temple dont il est commandeur, afin de rétablir une paix durable entre les différentes religions. Qui dit secret, dit cachoteries, qui dit cachoteries dit mensonges. En effet, jouer sur les deux tableaux, à savoir être un chevalier de Jésus-Christ en croisade contre l’empire musulman, mais être aussi un membre éminent d’une corporation cherchant à éviter toute guerre, ça procure forcément des situations où la vérité n’est pas bonne à révéler, même à ceux que l’on chérit le plus. Et comme on le dit bien souvent, à force de jouer avec le feu, on finit par se brûler les ailes.

Dans cette 3ème partie, changement radical de décor. On quitte la Terre sainte pour revenir en Europe, et surtout le royaume de France, et le royaume d’Angleterre. Deux puissants monarques sont installés, respectivement Philippe le Bel et Edouard 1er. Le premier cherchant désespérément à s’emparer du Temple et tant qu’à faire à éliminer l’Angleterre, le second ayant quant à lui passé un accord avec ce même Temple pour s’occuper d’une épine qu’il a dans le pied, l’Écosse. Si au milieu de ces querelles on rajoute la place de l’Anima Templi, donc celle de Will, écossais et templier qui plus est, il est aisé de saisir pour l’auteure l’opportunité de comploter à tout va. Et c’est bien ce que Robin Young va faire. Mélangeant habilement les phases d’action avec des phases diplomatiques, on se laisse bercer par les évènements qui s’enchaînent de façon cohérente. D’autant plus que l’on ressent bien la différence d’atmosphère avec les précédents ouvrages, où l’on passe des déserts arides du Moyen-Orient aux châteaux et forêts de l’Europe occidental.

Autant vous dire que pour me mettre dans l’ambiance, j’ai plusieurs fois mis la bande-son du film Braveheart pour m’immerger totalement dans les intrigues à la cour, ainsi que les différentes batailles entre anglais et écossais. Car oui, nous faisons la rencontre dans ce livre du connu et reconnu William Wallace. Et pour sûr, ce n’est pas un tendre. Quoi qu'il en soit, nous retrouvons dans ce dernier épisode les mêmes ingrédients qui m’avaient charmé initialement. L’écriture est fluide, les dialogues simples et dynamiques. De plus, afin de ne pas trop ennuyer le lecteur, l’auteure n’hésite pas à sauter des étapes, de manière à voyager d’un évènement à un autre, ce qui évite de nombreuses longueurs. Là encore, il m’est difficile d’évoquer trop d’éléments scénaristiques, par crainte de spolier trop dangereusement l’ensemble de cette épopée historique, aussi ne vais-je pas m’étendre plus que cela sur les différents rebondissements, sachez juste qu’ils sont en quasi-adéquation avec l’histoire telle qu’elle s’est déroulée. Robin Young nous dresse d’ailleurs en fin d’ouvrage quelques explications sur les petits écarts temporels qu’il peut y avoir, préférant la fluidité du récit et de sa lecture à l’application stricto sensu des dates. De la même manière, la liste des personnages est donnée à la fin, avec à chaque fois un astérisque lorsqu’il est fictif, prouvant par là même la volonté de l’auteure dans la sincérité et transparence de son mode d’écriture.

7.5/10 Requiem conclut de fort belle manière cette fresque historique. Habile alliage de politique et d’action, Robin Young s’appuie sur des éléments historiques et avérés afin de nous proposer une autre vision de cette époque riche en fantasmes que sont les templiers. Avoir greffé à la réalité des faits cette corporation qu’est L’Âme du Temple permet de romancer encore davantage la vie de Will Campbell, dont la vie défile sur ces 3 tomes. Un personnage fictif qui nous permet de mieux appréhender les tragiques moments de cette époque qui elle, fut bien réelle.

Seb O

Voir la chronique du T01
Voir la chronique du T02

Pour vous le procurer c'est simple comme un clic et c'est ici en GF 
et là pour le Poche

0 Comments | Posté dans Critiques Autres par Seb O