Couverture :

Résumé :
L'homme est en passe de conquérir l’ensemble du Système solaire. Mais en ces temps aventureux où l’horizon humain s’élargit aux proportions du cosmos, alors que les pionniers ouvrent de nouvelles voies à force de courage et d’abnégation, il en est certains pour profiter des mannes de l’espace, et de la pire des manières. L’âge de la piraterie spatiale pourrait bien s’annoncer... Face au mystérieux Basilic et sa flotte de forbans, Dick Murdock, jeune Vénusien ayant rejoint son père astronome dans un observatoire lunaire, semble bien démuni. Il lui faudra pourtant faire preuve de la plus grande inventivité et de ressources inattendues pour espérer sauver ses proches, mais aussi, surtout, préserver la route des étoiles...


Notre avis :
La première livraison de la nouvelle collection « Pulps » des éditions du Bélial, dirigée par Pierre-Paul Durastanti, est une véritable gâterie pour tout amateur éclairé de science-fiction puisque vient de paraître le dernier inédit en français d’un monstre sacré de la SF, Jack Vance. Dans Les Vandales du vide, qui date de 1953, nous retrouvons déjà tout l’esprit de l’auteur, qui se fit connaître par la suite pour des cycles aussi cultes que Lyonesse ou Tschaï. Vance, explorateur et voyageur dans l’âme, nous a fait, durant sa longue carrière, découvrir des tas de mondes tous plus exotiques et étranges les uns que les autres, que ce soit sa Planète Géante ou ses domaines de Koriphon, et des personnalités atypiques comme celle de Kirth Gersen dans La Geste des Princes-Démons (qui eux aussi, ne sont pas en reste question personnalités atypiques !).
C’est ainsi qu’il est d’abord légèrement déstabilisant de se plonger dans un roman qui se déroule dans le système solaire et, pour une bonne partie, sur la Lune, nous rappelant ainsi nos meilleures heures de lecture avec notre inestimable Jules Verne. On se prend très vite au jeu de suivre ce jeune garçon brillant, à l’esprit détective, Dick, dont le père a été promu au plus grand télescope de la Lune, un poste clef et convoité. Dès les premiers chapitres, l’esprit de la piraterie vient s’amalgamer à ce contexte, car les premiers pirates de l’espace semblent sévir, sous la bannière du mystérieux Basilic, lequel a arraisonné violemment quelques vaisseaux, tels le Canopus et le Capella. Bien vite, alors que le jeune Dick, après son mouvementé voyage au départ de Vénus, rencontre sur la Lune de nouveaux personnages hauts en couleurs tel l'excellent Sam le Dingue, on comprend que le télescope géant que gère le père de Dick, va devenir un enjeu auquel viendront se mêler les fameux pirates…
II faut bien le dire : si Les vandales du vide n’est pas un grand roman de Jack Vance, quel plaisir de lecture ! On s’amuse beaucoup, à l’image de ce qu’il avait fait avec Les Cinq Rubans d’Or (ed. ActuSF), dans ce récit enlevé, bien fichu et savoureusement rétro, qui nous donnera envie de replonger dans cette merveilleuse science-fiction de L’Âge d’Or, allant des récits d’Edmond Hamilton à ceux de Jack Williamson, en passant par Robert Heinlein ou Paul French et leurs juveniles, desquels Les Vandales du vide se rapproche ostensiblement.

Note 7/10. Une friandise inattendue signée Jack Vance, agréable comme des retrouvailles après une longue séparation, ça ne se refuse pas. Surtout quand le roman en question, loin d’être un mauvais fond de tiroir, nous fait passer un si rafraîchissant moment. Adjugé.