Couverture:


Résumé:

Anna, une vestale consciencieuse mais émotive, est condamnée à mort pour avoir brisé un vase sacré - le fameux calix Esclarmonde. Son savant fou de maître la fait " décorporer " à son insu. L'expérience réussit et elle surgit indemne à une autre époque, où il perd sa trace. En l'an 4666, Anna, devenue " costumière tradi " chez Thomasine Couture, habite avec Ankh Delafontaine, belle blonde médiéviste, et elle monte à cheval à Etampes. Le bonheur. Elle en viendrait à se convaincre qu'elle n'a pas rejoint le monde au-delà de la mort, quand tout se complique à nouveau. Anna et Ankh sont arrêtées pour ne pas avoir assisté à un match de trimslop, puis une cavalière est assassinée. L'enquête conclut à la mort d'Anna. Entre alors en scène Holinshed, un cheval extrêmement stylé qui effectue des missions en freelance pour les humains à travers le temps... Pour tous ceux qui aiment Paris, la fin du monde, les chevaux, le camping, Simone de Beauvoir... et un peu moins le football.

Mon avis:
A la lecture de la quatrième de couverture, on peut se dire que nous allons tomber sur un livre classé fun. Une vestale qui pour un crime somme toute peu répréhensible, a l'insigne chance de ne pas être ébouillantée mais simplement décorporée, a de quoi laisser perplexe. Le terme chance n'était pas ironique, du moins pas dans l'univers d'Anna. Une vestale n'est qu'un être insignifiant, un esclave. A partir de ce postulat, il n'est pas anormal de les voir condamner à la chaîne et s'en émouvoir autant que si on jetait un kleenex à la poubelle.

L'humour tiré de ces 225 pages vient donc en grande partie du ton grinçant employé. Et pour amplifier cela rien ne vaut une décorporation dans un autre temps. Une époque où Anna se retrouve à Paris, en l'an 4666. Un Paris en pleine décadence, dans un esprit SF post-apocalyptique. Le question du pourquoi fut-elle décoporée et non ébouillantée n'est pas des plus importante. Juste le pari un peu fou de son maître au vestaliat voulant tester ce procédé. A Paris, elle où elle pense de prime abord qu'il s'agit de la terre des morts, elle va apprendre à re-vivre. Une vie plus indépendante bien que cloisonnée et stricte, mais où elle peut avoir un avis, une vie à elle. Une vie qu'elle partagera d'ailleurs avec Ankh. Car là où elle habite, il faut être en colocation. Et sa colocataire est une médiéviste. Alors lorsque deux époques se confrontent, forcément on en arrive à certains débats.

C'est de cette antinomie que relève l'intérêt le plus fondamental de ce récit. Qu'il s'agisse de la grande consommation, du marketing, du commerce, des relations entre élites urbaines et populaces  provinciales, des dérives du sport et de ses comportements déviants, tout passe à la moulinette grinçante d'Anne Larue. Car c'est parfois plus aisé, et surtout plus impactant d'évoquer certains problèmes majeurs de la société par le biais de l'ironie. Un moyen de désacralisation.

Au fil des pages nous allons suivre les pas d'Anna et de Ankh. Des pas qui vont se voir perturbés par deux événements majeurs, narrés d'ailleurs dans le résumé. Un processus dont je ne suis pas fan  puisqu'il évoque des faits se déroulant bien après le début du voyage d'Anna, soit un effet « spoilant » frustrant. Néanmoins, et malgré une écriture des plus fluide, je trouve l'ensemble un peu brouillon. L'environnement est intéressant mais confus. On ne voit d'ailleurs pas trop au début où l'on va, et comme le livre est relativement court, on se demande quand est-ce que l'intrigue va réellement débuter. C'est pourquoi je pense qu'il faut davantage voir l'intrigue comme toile de fond favorisant une réflexion sur notre société et la place que les individus peuvent y prendre. Le tout dans un style burlesque, décalé et acerbe.

6,9/10 «La vestale du Calix » est un livre frais et porteur de nombreux messages sérieux sur notre société contemporaine. Sérieux dans le fond, mais burlesque dans la forme. Ne vous focalisez pas sur l'histoire, qui bien qu'intéressante n'est pas des plus immersive.

SebO

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