Le Blog-Notes Critic

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Couverture : 

Résumé : 

« Je pleurais… je venais chercher quelque chose ?... Rencontrer quelqu’un ?... Pourquoi hier ? Je suis qui moi ? »

Une jeune femme se réveille sur un banc, à Paris. Elle se demande ce qu’elle fait là. Elle ne se souvient de rien en ce qui la concerne : son nom, son adresse, sa vie. En fouillant dans ce qu’elle pense être son sac à main, elle trouve quelques renseignements à son compte : elle s’appellerait Eloïse Pinson. Ca ne lui dit rien, mais comme c’est sa seule piste, elle se rend à l’adresse indiquée. Au moment d’ouvrir la porte de l’appartement, une vague d’appréhension la submerge. Que va-t-elle trouver derrière la porte ? Un anniversaire surprise ? Un cadavre ? Un mari et des enfants ? Non, tout simplement un appartement bien rangé et chat qui miaule, visiblement affamé, mais pas mourant non plus. Eloïse – puisque c’est comme ça qu’elle s’appelle, paraît-il- entame alors une véritable quête : celle de son passé, de son identité.

Mon avis :

Pénélope Bagieu et Boulet, signent avec La page blanche, leur première collaboration. Ces deux auteurs de la génération des bloggeurs, à la plume d’ordinaire bien différente ont trouvé ici un terrain d’entente et de jeu ; Bagieu au dessin, et Boulet au scénario. La couverture peut paraître « girly » mais ne vous y trompez pas, nous sommes assez éloignés des tribulations de Joséphine. En tout cas, La page blanche fait parler d’elle et constitue déjà un petit phénomène.

La quête d’Eloïse nous emporte de façon étonnante. On s’attache vite à cette jeune femme à l’imagination débordante qui cherche sa véritable personnalité dans un quotidien qui semble ordinaire, bien trop à son goût. Cherchant mille possibilités à son amnésie, parfois de façon extravagante – serait-elle agent secret ? – Eloïse se heurte à une vie sans étincelles, bien trop prévisible et dans laquelle elle ne se reconnaît pas.

Analytique, elle retourne tout dans tous les sens, sans jamais – ou presque – tomber dans le désespoir. Au contraire, l’humour est bien présent, parfois grinçant, sur la société de consommation notamment, dont notre héroïne découvre qu’elle en est – ou était – un pur produit.

À travers l’amnésie, c’est le thème du nouveau départ qui transperce. Et la, on ne peut s’empêcher de se dire, « et si moi aussi je repartais à zéro ? Qu’est ce que je ferais dans cette situation ? » 

La fin est cependant un peu décevante, et paraît un peu précipitée, comparée au reste de l’histoire où Boulet prend son temps pour poser les choses. Du coup, cela laisse une impression un peu bancale.

L
e dessin de Pénélope Bagieu se prête très bien au scénario, les expressions sont dépeintes avec une étonnante simplicité et on voit Eloïse passer par toute sorte d’émotions. Paris est également joliment représenté, et certaines planches valent le coup d’œil. Un dessin qui paraît parfois un peu trop lisse, toutefois…

7/10 Une héroïne sympathique, une histoire sans prise de tête: La page blanche nous offre un agréable moment de détente, mais nous donne également à réfléchir sur une question essentielle : celle de savoir qui nous sommes réellement, derrière les apparences et les normes que la société nous impose.

Marie Jeanne

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Résumé :
Après s’être longtemps fait connaître comme co-auteur d’une série de romans d’aventure spatiale, en 1979 Jean-Louis Le May s’émancipe soudain des cadres convenus de la littérature de gare, en livrant un diptyque post-cataclysmique surprenant de violence, réjouissant de paillardise et d’une langue drue comme jamais, soufflant le chaud et le froid. Non loin de l’Autoroute sauvage de Julia Verlanger ou de l’Armalite 16 de Michel Crespin, et, surtout, bien longtemps avant La Route de Cormac McCarthy, le cycle des « barounaires », ces enfants perdus qu’une civilisation incompréhensible et détruite a crachés derrière elle, après la Grande Tourmente, trace la route d’une paradoxale survie humaine sur les terres provençales.

On y fait connaissance des habitants du Domaine, dans la vallée, sous le viaduc, pas tellement loin d’une mer trop bleue dans laquelle toute vie semble avoir disparu. Les descendants des consoms n’ont pas le même sens de l’hypocrisie que leurs ancêtres qu’ils ignorent. Mais en leur présent, comme en celui où vivaient les consoms, bien peu de choses séparent ce que l’on appelle le bien de ce que l’on nomme le mal, au point de ne plus reconnaître l’un de l’autre… L’apocalypse est passée, ceux qui restent en cette Occitanie survivent à leur façon.

Mon Avis :
Généralement, le post-apocalyptique connaît deux traitements possibles. Un, il est prétexte à une aventure : Mad Max, L’Autoroute Sauvage, Waterworld, etc. L’humanité, souvent, revenue à une certaine forme de barbarie, se dispute les restes du monde d’avant, en s’écharpant joyeusement. Ou deux, les autres où c’est globalement la même histoire, sauf qu’on pleure à la fin, et c’est le cas de La Route par exemple.

Jean-Louis Le May, mythique auteur de la non moins mythique collection Anticipation du Fleuve Noir a pourtant privilégié, semble-t-il, la seconde approche. Dans les premières pages, on est plus près de Cormac McCarthy que de Gilles Thomas. Plus connu pour ses space op’ populaires – et croyez-moi, y en a de très bons ! – l’auteur français a aussi produit des œuvres plus intimistes, moins propices au divertissement. C’est le cas de L’Ombre dans la Vallée donc, réédité chez les Moutons électriques avec le soin qui les caractérise.

Ce qui marque d’entrée, c’est le travail sur la langue. Non que l’auteur nous ait habitués à mal écrire, mais plutôt que sa plume se fait volontiers plus poétique qu’à l’ordinaire, plus inventive aussi, du moins en ce qui concerne le style. Outre de très jolis passages descriptifs, le texte fourmille de petites trouvailles, à l’instar de ces dialogues à la croisée de l’argot et du patois provençal. Quand le soleil et le pastis rencontrent le post-apo, le voyage vaut le temps que l’on s’y attarde.

Il y a aussi cette intrigue, décousue, sinueuse, qui suit les destins des uns et des autres, des bons méchants et des méchants bons. D’une humanité qui survit, et qui s’en fout pas mal de savoir si c’était mieux avant. Maintenant, on a faim et on aimerait bien baiser. Ça pourrait être redondant, mais ça l’est pas. C’est que le monsieur Le May, il n’a pas tout oublié de ses premiers amours, c’est-à-dire les romans populaires que j’évoquais plus haut. Ainsi, il n’oublie ni d’être léger, ni d’être drôle, à certaines occasions qui viennent soulager l’univers violent et dur. Comment ne pas songer à ce passage où un médecin répond à la question de son supérieur « comment le premier humain a-t-il attrapé la vérole » en s’appuyant sur la théorie de l’œuf ou de la poule ? Une fois la première partie terminée, on est plus aussi sûr de se trouver dans un roman de Tom McCarthy, sans pour autant virer dans le Gilles Thomas. On se situe quelque part entre les deux.

Avant de conclure, on apprend à la lecture de la postface et de la bibliographie qu’il existe d’autres romans se déroulant dans ce même univers. J’sais pas vous, mais moi j’en prendrais bien pour une intégrale de plus. 

8/10 Une réédition bienvenue d’un auteur incompréhensiblement laissé aux oubliettes. Que vous aimez les post-apo « coups de poing » ou plus légers, L’Ombre dans la Vallée se distingue en alignant les qualités des uns et des autres. Ce qu’il y a après la fin du monde, c’est pas joli, mais c’est pas pour ça que l’on peut pas en rire ! Définitivement, une réédition que tout fan du genre se doit de posséder.

Simatural

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Résumé : 

Tout mettre en péril pour partir en quête de ses origines ? La vie d'Anna a radicalement changé : exit la petite serveuse de Harlem, place à la belle comédienne sur le pont d'un paquebot à destination de l'Afrique ! L'amour infini qu'elle ressent pour Simon, son rôle de vedette de cinéma, les discussions passionnantes avec le professeur Bradley : Anna est emportée dans un tourbillon de sensations nouvelles et exaltantes. Elle se laisse surtout bercer par l'espoir immense de retrouver son père, tandis que les autres membres de l'expédition découvrent des images d'un autre genre de père : l'un des premiers hommes de l'humanité… Mais ce retour aux origines ne sera pas sans blessures. Au croisement d'Out of Africa et des romans de Joseph Conrad, ce triptyque retrouve le souffle romantique de la grande aventure...

Mon Avis :

Dès le premier tome, cette nouvelle série nous avait interpellée par son histoire au souffle et à l’intelligence toute particulière, son dessin et sa mise en couleur très réussie. Le tout était plutôt classique mais les personnages attachants dès le début, le scénario à rebondissements, et j’insiste  le dessin et la couleur font des merveilles pour nous plonger dans les années 20.

Dans ce deuxième tome la magie continue, nous retrouvons notre superbe et touchante héroïne partie sur les traces de son père disparu. Les décors sont magnifiques et les  paysages africains somptueux. Oui, oui, nous attendions cette suite avec beaucoup d’impatience, et la récompense est là puisque les auteurs nous livre une suite à la hauteur, toujours aussi juste dans la description des relations entre personnages. Amour, racisme, envie, amitié, tout est là rondement orchestré. L’histoire avance juste ce qu’il faut sans trainer trop en longueur en apportant quelques bribes de solutions qui devaient trouver une finalité dans un troisième et normalement dernier volume. Il y a moins de rebondissements que dans le premier volume, mais le scénariste nous tient malgré tout.


Vous l’avez compris il y a du plaisir et de la magie dans cette série, qui plaira à ces dames sans nul doute, surtout que l’on retrouve intelligemment mêlé à l’intrigue un film qui a eu son petit succès, mais je vous laisse découvrir.

9/10 Un belle histoire, un beau voyage, des décors somptueux, une héroïne attachante et charmante, un scénario intelligent… Quoi vous ne l’avez pas encore lu !!!

Eric

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